Sapiens-Sapiens, la droguerie moderne de « l’Homme qui sait qu’il sait »

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Sapiens-Sapiens, vous connais­sez ? Cette petite dro­gue­rie moderne qui a pour voca­tion de pro­po­ser à la vente des pro­duits du quo­ti­dien durable et de qua­li­té, a tout récem­ment pris ses quar­tiers rue du Pont, à Liège.

Entre les cafe­tières ita­liennes Bia­let­ti, les savons de Mar­seille et les magni­fiques agra­feuses qui font la fier­té de Syl­vie et Manu ; on dis­cute fabri­ca­tions mai­sons, desi­gn fonc­tion­nel ou encore décou­vertes cos­mé­tiques. C’est que Sapiens-Sapiens, « l’Homme qui sait qu’il sait » (pour l’homme avec un grand H qui sait bien pen­ser et bien faire les choses), est une bou­tique de proxi­mi­té à taille humaine. Et elle n’est pas réser­vée qu’aux hommes !

Sapiens-Sapiens, une boutique généraliste d’objets utiles

C’est par un après-midi enso­leillé de Jan­vier que j’ai décou­vert Sapiens-Sapiens alors que je me pro­me­nais dans – ce que je consi­dère désor­mais – le centre névral­gique de la consom­ma­tion durable à Liège. Manu est au comp­toir, il nous accueille avec un large sou­rire. Son enthou­siasme est conta­gieux, et nous décou­vrons émer­veillés, au fil de ses com­men­taires, les nom­breux objets utiles entre­po­sés là. Car Sapiens-Sapiens, c’est le rêve de Manu et Syl­vie. Un chouette concept tour­né vers les gens et vers le monde qui aura matu­ré pen­dant 2 ans avant de voir le jour.

Quelques semaines plus tard, j’y retourne et je ren­contre Syl­vie. Elle m’explique que, parce qu’ils ont vou­lu la bou­tique géné­ra­liste, la gamme des pro­duits est triée sur le volet. Entre durable et éco­lo­gique, local et pérenne, le choix peut s’avérer dif­fi­cile :

« La qua­li­té et la lon­gé­vi­té est le pre­mier cri­tère de sélec­tion. Ensuite vient la dura­bi­li­té avec le côté local que nous essayons de prio­ri­ser au maxi­mum. Pour nous, une chose qui va bien est belle (dans le sens desi­gn fonc­tion­nel du terme). Le côté esthé­tique reste donc bien pré­sent mais nous ne le sélec­tion­ne­rons pas s’il ne répond pas aux autres cri­tères ».

Je m’attarde sur la ques­tion de la pro­ve­nance des pro­duits et Syl­vie com­mence à me par­ler voyage : « Autant que pos­sible, nous nous ren­dons à la source pour véri­fier nous même la qua­li­té de fabri­ca­tion des pro­duits. À terme, nous aime­rions que notre site se trans­forme en blog de voyage ».

À côté du comp­toir, dans une mer­veilleuse caco­pho­nie de formes, de matières et de cou­leurs, sont expo­sés des pro­duits de bases comme le bicar­bo­nate de soude, le vinaigre ou le savon de Mar­seille : « Mar­seille, nous y sommes allés récem­ment et nous pou­vons expli­quer pré­ci­sé­ment quel type de savon y est pro­duit », reprend-elle en s’emparant d’un cube colo­ré.

« On revient jus­te­ment des Vosges » conti­nue-t-elle en se tour­nant vers un autre comp­toir. « C’est là que se situe le fabri­cant de poêle en acier. On y a appris un tas de choses sur le métal et la cuis­son et suite à cette visite, nous avons déci­dé d’étoffer notre gamme ».

Ne soyez pas sur­pris de la voir sor­tir un petit car­net de notes bap­ti­sé « la liste de vos envies » tan­dis que vous dis­cu­tez avec elle, car le but du maga­sin, c’est aus­si d’échanger :

« Ce que nous vou­lons, c’est infor­mer très fine­ment sur le choix de telle marque ou de telle gamme. Cela change toute l’expérience de vente. Pour moi, c’est bien plus gai de vendre un pro­duit d’un four­nis­seur que j’ai ren­con­tré. Cela me rap­pelle le voyage et cela rend la chose plus humaine ».

Et l’obsolescence, on en parle ?

« Nous essayons de déve­lop­per une gamme de pro­duits pour entre­te­nir les objets que nous ven­dons », com­mence Syl­vie. Elle me montre une pierre à aigui­ser dont la finesse du grain est excep­tion­nelle ; un savon rota­tif sur axe, que l’on peut rechar­ger ; enfin, un espace consa­cré aux brosses à chaus­sures pour cirer, décrot­ter et lus­trer.

Dans un autre recoin de la petite bou­tique, un séca­teur repose dans sa boite. Syl­vie m’explique que ce n’est pas le modèle le plus per­fec­tion­né mais que toutes les pièces sont rem­pla­çables. Elle finit par me mener aux cafe­tières Bia­let­ti qui trônent au centre de la dro­gue­rie :

« Nous avons toutes les pièces déta­chées, joints et filtres. Ce sont des pièces très dif­fi­ciles à trou­ver avec un temps d’attente rela­ti­ve­ment long (jusqu’à 3 mois). Beau­coup de gens viennent chez Sapiens-Sapiens rien que pour cela ». Et d’ajouter en sou­riant : « On peut me deman­der n’importe quoi en pièce déta­chées Bia­let­ti, je les aie toutes ! ».

Autant que possible, du local !

« La plu­part de nos pro­duits cos­mé­tiques pro­viennent de Flo­res­cence, un gros­siste en huile essen­tielles qui fabrique et four­nit toutes sortes de pro­duits sur la région de Liège. Nos pierres à aigui­ser viennent de Lier­neux, à moins de 50km de Liège ».

De fil en aiguille, nous pas­sons de la ques­tion du local à la ques­tion de la dura­bi­li­té. Syl­vie me conduit alors vers du bicar­bo­nate de soude, fabri­qué à Hers­tal, mais condi­tion­né dans des bocaux en plas­tique :

« On nous fait sou­vent la remarque et pour­tant, le choix n’est pas si évident. Qu’est-ce qui est mieux ? Impor­ter un pro­duit et le faire voya­ger, avec l’empreinte car­bone qui l’accompagne, mais avoir un condi­tion­ne­ment papier ? Ou se four­nir dans la ville d’à côté et avoir le pot en plas­tique, mais pou­voir faire autre chose avec ? Si on ne se pose pas la ques­tion, on reste blo­qué sur le plas­tique ».

Sa réflexion est vrai­ment inté­res­sante et nous nous met­tons à dis­cu­ter alter­na­tives durables : « Nous allons pro­ba­ble­ment pro­po­ser du bicar­bo­nate de soude en vrac, ain­si le bocal en plas­tique pour­ra être réuti­li­sé. Le vrac ne sera cepen­dant pas notre che­val de bataille ».

Sapiens-Sapiens en parfait équilibre sur la ligne du temps

Sapiens-Sapiens, c’est un véri­table retour aux sources, une bouf­fée d’oxygène loin des for­mats jetables de la socié­té de sur­con­som­ma­tion : 

« Nous vou­lons rendre ses lettres de noblesse aux intem­po­rels : les bocaux en verre, les poêles en acier, les verres Dura­lex que l’on retrouve dans nos can­tines, … force est de consta­ter que ce sont des objets que nos grands-parents avaient mais qui sont beaux, durables et fonc­tion­nels. Le côté rétro nous rat­trape com­plè­te­ment, mais ça ne fait pas pour autant par­tie de nos cri­tères de sélec­tion. Nous pro­po­sons des pro­duits dont les gens ont besoin aujourd’hui, même si ini­tia­le­ment, ils ont été conçus hier ».

Et à elle de conclure :

« Notre sou­hait, c’est de pou­voir équi­per les mai­sons de beaux objets qui fonc­tionnent bien, tiennent sur la durée en se pati­nant avec le temps et qui pour­ront se trans­mettre aux géné­ra­tions futures ».

Entre pas­sé, pré­sent et ave­nir, Sapiens-Sapiens nous offre un véri­table voyage dans le temps ! Une bou­tique à décou­vrir immé­dia­te­ment, rue du Pont 14 à 4000 Liège.

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