Fragrance Liège : la balance sur le comptoir

Fragrances : la caverne d’Ali Baba du thé et du café en vrac

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Dans la vitrine de Fra­grances, des tasses, des boites, des théières et des cuillères à thé sont sus­pen­dues dans une bien­heu­reuse caco­pho­nie.

Je pousse la porte et la cloche qui y est accro­chée se met à carillon­ner. À l’intérieur, le café frai­che­ment mou­lu embaume l’air et le chauffe-eau de la machine à expres­so bour­donne. Entre les pra­lines au cho­co­lat, les pots de confi­tures, les tasses et mugs à motif de chat et les nom­breuses boites et sachets colo­rés ; des lumi­naires sus­pen­dus çà et là baignent la petite bou­tique dans une atmo­sphère féé­rique.

Fragrance Liège : le décor d'intérieur
À l’intérieur, une ambiance cha­leu­reuse et unique ! 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

C’est que Fra­grances, qui a pignon sur rue depuis 1932 En Neu­vice, est une véri­table caverne d’Ali Baba. Et ce n’est pas Jehanne, la pro­prié­taire, qui vous dira le contraire !

Une véritable invitation au voyage !

Sur les boites en acier rouge se suc­cèdent des éti­quettes – tan­tôt neuves, tan­tôt fanées – sur les­quelles ont été grif­fon­nés à la main les noms des mélanges uniques qu’elles contiennent. Der­rière un « Jar­din Céleste », un « Secret tibé­tain » ou un « Mou­lin rouge » je découvre émer­veillée des arômes et des saveurs qui m’enivrent :

Fragrance Liège : boites en acier rouge
Des noms qui font rêver ! 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

« Ce n’est pas pour rien que j’ai bap­ti­sé ma bou­tique Fra­grances » m’explique Jehanne. « L’approche de mon maga­sin, c’est qu’on peut les sen­tir ! ». Sou­le­vant le cou­vercle de l’une de ses nom­breuses boites à thé, elle me fait res­pi­rer un par­fum frui­té. « Cur­cu­ma – Ana­nas », me pré­cise-t-elle. « D’habitude, ça ne marche pas, mais cette fois, on a l’impression qu’il y a de véri­tables mor­ceaux dedans ! ».

Sur l’étagère d’à côté, des thés verts som­meillent dans des bocaux en verre : « Les feuilles de thé ont des cou­leurs et des tex­tures dif­fé­rentes, c’est pour­quoi j’aime aus­si les avoirs dans des bocaux trans­pa­rents. J’y ai pla­cé des tisanes, des rooi­bos (aux tons rouges) et des thés verts japo­nais parce que leurs feuilles se dis­tinguent tout par­ti­cu­liè­re­ment ».

Fragrance Liège : thés verts japonais
Les thés verts japo­nais – 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy
Fragrance Liège : bocaux en verre transparent remplis de feuilles de thés
Du thé vert et du rooi­bos dans les bocaux en verre – 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

À leurs côtés, les thés japo­nais attirent effec­ti­ve­ment mon atten­tion : « Si vous n’êtes pas un ama­teur de thé, ne com­men­cez pas par le Mat­cha, le Sen­cha ou le Gen­mai­cha. Ils ont une saveur her­ba­cée ». Elle me tend alors un thé japo­nais au riz souf­flé, duquel émane une légère odeur … de riz ! « Celui-ci est plus doux, c’est par­fait pour com­men­cer. La plu­part des thés que l’on retrouve en Europe sont par­fu­més à la fraise, à la cerise ou à la fram­boise. C’est pour répondre à nos goûts occi­den­taux ».

Je lui donne bien rai­son ! Mes thés pré­fé­rés (le « Maas­tricht », le « Mon­tagne bleue » et le « Sym­pho­nie Pas­to­rale ») sont des thés agré­men­tés de fruits rouges qui savent com­ment par­ler à mes papilles. Un délice !

Des thés millésimés issus des 4 coins du monde

« Comme le bon vin, le thé a ses années de ven­dange. D’une année à l’autre, la qua­li­té va varier selon les condi­tions cli­ma­tiques, les régions ou encore le savoir-faire. On peut vrai­ment com­pa­rer une plan­ta­tion de thé à une culture de vigne ».

Fragrance Liège : cuillères à thé suspendues
Des cuillères à thé sont sus­pen­dues au des­sus du comp­toir – 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

Jehanne me parle alors du Dar­jee­ling, cette ville de l’État indien du Ben­gale-Occi­den­tal, au pied de l’Himalaya, où est culti­vé le thé du même nom. Elle évoque ensuite les contrées qui l’entourent : l’Assam, le Dooars, le Sik­kim, le Tibet et le Népal : « des régions qui pro­duisent des thés qui, bien que proches géo­gra­phi­que­ment, don­ne­ront des résul­tats dif­fé­rents. Exac­te­ment comme le vin ! ».

Fragrance Liège - Tasse de thé
Le Yuzu, un thé vert japo­nais au goût d’agrume – 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

Confor­ta­ble­ment ins­tal­lée au coin d’une petite table nap­pée, je me décide à dégus­ter l’un des der­niers thés ren­trés : le Yuzu. Ce thé japo­nais, mélange de feuilles de thé vert et d’écorce de Yuzu du Japon (agrume de l’est de l’Asie) a une saveur aci­du­lée et une légère note poi­vrée. Alors que je voyage au pays du soleil levant, Jehanne fait, quant à elle, un retour dans le pas­sé :

« Au départ, le maga­sin ne pro­po­sait que du café. À l’époque, il n’y avait qu’un thé des Indes, un thé de Cey­lan et un thé de Chine. J’ai com­men­cé à tra­vailler ici en me disant que je ne res­te­rai qu’un moment. 25 ans plus tard, j’y suis tou­jours ! ».

Du café à déguster, en grain ou moulu ?

Alors que nous dis­cu­tons, un jeune homme entre dans le maga­sin. Dans sa main, une boite en alu­mi­nium avec un cou­vercle qu’il tend à Jehanne pour qu’elle le rem­plisse de café. Entre le Moka, le Gua­te­ma­la, le Java, le Colom­bie ou encore le mélange mai­son, le choix s’avère cor­sé !

Per­son­nel­le­ment, je ne bois plus que du « Caro­lines Grillées » depuis que j’ai décou­vert la saveur douce et sans amer­tume de cet ara­bi­ca. La machine à moudre les grains se remet à vrom­bir, et une fois le jeune homme par­ti, nous nous met­tons à dis­cu­ter « zéro déchet ».

Fragrance Liège : le café Caroline Grillée
Le Caro­lines Grillées, un café doux avec peu d’amertume ! 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

« Les gens reviennent par­fois avec leur sachet vide car ils ne retiennent pas le nom du thé ou du café qu’ils ont ache­té. Mes boites vides ont éga­le­ment beau­coup de suc­cès et elles ne coûtent que 5€. Je leur rem­pli avec plai­sir. C’est plus pra­tique et plus éco­lo­gique ! ».

Sur le comp­toir, des confi­tures, du cho­co­lat et du miel font la part belle aux innom­brables sachets de thé et de café : « Mon miel, je le ramène des Cévennes. J’ai de la gelée de rose et des pots de confi­ture à l’orange. Pour mon cho­co­lat chaud, j’utilise des copeaux de cho­co­lat de chez Car­ré Noir et elle uti­lise mon thé dans ses pra­lines. Du coup, pour ne pas lui faire de la concur­rence, je n’ai gar­dé que le cho­co­lat au ste­via et les pra­lines. Elles accom­pagnent les thés et cafés que j’offre en dégus­ta­tion à toute per­sonne qui achète dans mon maga­sin ».

Fragrance Liège : pralines au chocolat
Les pra­lines au cho­co­lat à dégus­ter avec un thé ou un café ! 2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

Une ambiance et un charme à l’ancienne

Jehanne me fait encore sen­tir le mys­té­rieux conte­nu de quelques boites : « Pomme-verte », « Fraise-Kiwi », « Jar­din des Poètes », « Orange-Can­nelle » … je ne sais à nou­veau plus où don­ner de la tête !

« J’aime avoir des choses qui sortent de l’ordinaire. Pou­voir pro­po­ser toutes sortes de thé et de café, c’est un peu comme un défi. Et Fra­grances, c’est ma caverne d’Ali Baba ! »

Fragrance Liège : la façade En Neuvice
2018 © Sophie Ber­nard Pho­to­gra­phy

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